Évacué 17 fois depuis les années 2000, le problème de la « colline du crack » n’a jamais été un secret bien caché. Cette « colline », c’est ce discret talus bordant le périphérique à quelques centaines de mètres de la porte de la Chapelle, à Paris. Selon un rapport publié en mars dernier par l’Observatoire français des drogues, une centaine de toxicomanes englobant des migrants y transitent chaque jour pour acheter et consommer, parfois sur place, du crack, ce stupéfiant fumable à base de cocaïne. Un espace marqué par la persistance du trafic en dépit des évacuations forcées, mais aussi de la prostitution, quasi récurrente chez les femmes toxicomanes. De nombreuses antennes mobiles de prévention (réduction des risques) viennent à la rencontre des usagers. Laurence Théault a accompagné l'association Charonne, qui organise des « maraudes » plusieurs fois par semaine. Devant cette situation ingérable, la Ville de Paris demande « un plan anti-crack » à l’Etat. De son côté, la mairie de Paris vient d'annoncer le déblocage d'un million d'euros supplémentaires pour lutter contre le trafic de crack.