Il y a deux ans jour pour jour, Emmanuel Macron accédait au pouvoir en France.Voici le deuxième volet de notre série de reportages sur le parcours de la Nationale 1, dans le nord de la France. Il nous mène aujourd'hui dans deux des fiefs familiaux et électoraux du président de la République. Il y conserve des soutiens, pas toujours inconditionnels cependant.

C’est un étrange mélange de population qui règne au Touquet Paris Plage, l’une des stations balnéaires les plus chics de France, surnommée « la perle de la Côte d’Opale » ou « l’Arcachon du Nord ». Sur la plage, ce jour-là à marée basse, des familles apparemment aisées se promènent, chassent les coquillages. Plus près de la route qui longe le littoral, des enfants jouent au football ou font des châteaux de sable. Et à l’entrée de ville, sur la plage du Centenaire, un manège pour enfants observé, sur un banc, par un couple de retraités venus prendre le grand air. Dans cette ville qui, au second tour de la présidentielle 2017, a voté à plus de 80% pour Emmanuel Macron, ils ne sont pas réticents à parler politique et de ses difficultés du moment. « La période n’est pas facile ni pour lui ni pour nous. Il pourrait faire peut-être un peu plus. Mais ce qu’il propose, c’est déjà pas mal », explique le mari qui continue à soutenir le chef de l’Etat et trouve « injuste » le traitement qui lui est réservé en ce moment par les Français.

Qu’il nous sorte tous de la merde…

De temps en temps, passe une voiture de collection, et au bout de la très touristique avenue Saint-Jean, un autre couple, habitant le Touquet, nous indique LA grande attraction touristique : « juste après la maison jaune ». Il s’agit de la villa Monéjean, la maison de Brigitte Macron, où le couple présidentiel vient parfois se ressourcer. « On n’est pas toujours pour ce que fait le président », explique la dame, « mais on ne peut en tant que Français que lui souhaiter de réussir et qu’il nous sorte tous de la merde… »

Une question de temps

A 100 kilomètres plus au sud et à l’est, Amiens, la ville où a grandi Emmanuel Macron. Dans la rue où habite encore son père, l’épicier de quartier réclame de la patience : « On est fiers d’avoir un président amiénois. Beaucoup sont contents de l’avoir. On attend pas mal de choses, mais c’est une question de temps, je pense. Faut attendre les 5 ans ».

Les chasseurs agréablement surpris

Un quinquennat qui a bien commencé pour les chasseurs, très fortement représentés dans la région. Devant un magasin qui vend des articles de chasse, Joseph, pantalon kaki, se félicite du cadeau offert par le chef de l’Etat : la diminution de moitié du prix du permis de chasse national (à la grande fureur des organisations écologistes). S’attendait-il à ce geste ? « Non ». Même surprise pour Yves Butel, patron de la puissante fédération des chasseurs de la Somme, nichée dans une forêt en banlieue d’Amiens. Il dit n’avoir jamais vu un président s’intéresser ainsi aux chasseurs. « Il vient de notre département et il y a des chasseurs dans la famille de son épouse. Je pense qu’il a compris que nous étions indispensables à la sauvegarde de la biodiversité. On le remercie, c’est formidable pour nous » Mais cet élu de droite s’interroge aussi sur les paradoxes de la politique d’Emmanuel Macron : « Que peut-il avoir dans sa tête, quand on voit qu’il augmente les taxes sur le gasoil, alors que les ruraux circulent plus ? On limite la vitesse, ce qui n’est pas non plus très bon pour la ruralité. Les gens se sentent un peu blessés ».

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