Pour proposer des solutions d’hébergement aux sans-abri qui s’installent dans le métro, la région Ile-de-France a ouvert en décembre deux « maisons région solidaire ». Ces établissements misent sur l’hébergement à long terme pour favoriser la réinsertion.

150 personnes sans-abri doivent être accueillies dans ces centres d’hébergement. Depuis son ouverture, le 9 décembre, 7 personnes bénéficient de leur propre chambre dans la résidence d'Issy-les-Moulineaux, dans les Hauts-de-Seine. L'objectif du centre est d'accueillir 22 sans-abri.

Depuis 3 jours, Bruno, un ex-plombier chauffagiste de 54 ans, est logé dans un appartement de plus de 50 mètres carrés avec trois autres personnes. Il y a plus d’un an, c’est après avoir perdu son travail qu'il s’est réfugié dans les couloirs du métro. « J’ai passé entre 6 mois et un an dans le métro par sécurité et pour avoir plus ou moins de chaleur. Dans le métro, on dort 2 ou 3 heures et puis c'est tout parce qu’on a toujours peur. On craint de se faire voler quelque chose, de se faire agresser… Mais ça permettait au moins de se reposer un peu. Maintenant que je suis ici, je me repose à 100% », raconte-t-il.

« Reprendre une vie sociale »

Pour lui, cet endroit est une opportunité. Confort, sécurité, accompagnement… Grâce à la maison région solidaire, il espère pouvoir reprendre le cours normal de sa vie. « Voir ses affaires à l’abri ça permet surtout de se concentrer sur autre chose et de pouvoir faire des démarches pour s’en sortir. Ici c’est un tremplin, ça va me permettre de remettre le pied à l’étrier, de reprendre une vie sociale normale, de repayer mes impôts comme tout le monde et de continuer ma vie. On va espérer que tout va s’arranger maintenant », confie l'ex-plombier.

En limitant l'accueil sur du long terme à 22 personnes, l’ambition de ce centre est d’accompagner au quotidien les résidents dans leur réinsertion. L’occasion, pour le maire adjoint de la ville, Ludovic Guilcher, de mener une politique plus ambitieuse que dans les centres d’accueil de courte durée. « Quand ils sont partis, il y a toujours la frustration qu’on n’a pas fait grand-chose. On les a accueillis un mois, mais on ne les a pas vraiment réinsérés et donc là, l’opportunité nous est donnée de faire quelque chose sur un nombre un peu plus restreint, mais (de manière) plus approfondie », remarque-t-il.

300 personnes dorment dans le métro

Dans la salle commune, lieu de rencontre et d’échanges, trois résidents discutent devant des séries françaises qui passent à la télévision, accoudés à une table arborant un sapin de Noël généreusement décoré. Pauline Helin, la responsable des lieux, met un point d’honneur à ce que le lien social perdure entre les murs du refuge. « Ce sont des gens qui, des fois, ont trop été dans le collectif donc c’est compliqué. Le parti pris de la chambre individuelle est très important. C’est aussi très important de passer des repas collectifs et de maintenir de la sociabilisation », estime la responsable.« Pour cela, les repas du déjeuner et du dîner se prennent en bas dans la salle collective donc cela contribue au fait que le collectif est exploité, car ils se connaissent et se retrouvent. »

Une autre structure d’accueil a ouvert à Clichy-la-Garenne, en banlieue parisienne et d’autres devraient voir le jour en Ile-de-France. Selon le Samu Social, environ 300 personnes, dont de plus en plus de travailleurs pauvres, dorment dans le métro.